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copabo : PRODUCTEURS DE noix de cajou de cote d'ivoire


Au sommaire
Contexte
Histoire et organisation de la coopérative

IMPACT

Sources bibliographiques

Situation : Région du Zanzan au Nord Est de la côte d'Ivoire


Membres : 1400 producteurs + 300 femmes pour le décorticage


Type de Producteurs : planteurs "vergers de brousse" de 0.5 à 5 hectares d'anarcadiers

Production : noix de cajou décortiquées

Récolte : entre février et avril

Certification FLO : Obtenue en 2006

contexte

En Côte d’Ivoire, les principales richesses (ressources énergétiques et agricoles) sont concentrées au
sud au détriment du nord où les terres sont moins favorables à l’agriculture (érosion des sols, désertification progressive).
Alors qu’elle est le premier pays producteur mondial de noix de cajou, la Côte d’Ivoire perd de la valeur ajoutée en les exportant brutes vers l’Inde où elles sont décortiquées puis exportées vers l'Europe

Un projet pilote pour rééquilibrer l’économie du pays et résister à la concurrence internationale

L’anacardier est un arbre qui a été introduit dans les années 1970 pour reboiser les zones sahéliennes et ralentir l’avancée du désert. Il ne pousse que dans le nord du pays. Son fruit, la noix de cajou, est très demandé sur le marché international. Outre son potentiel d’exportation, c’est une culture peu contraignante en travail et dont le fruit peut être valorisé sous différentes formes.
Le développement de l’anacardier dans le nord représente une opportunité pour les populations de cette région qui voient en cette culture de réelles possibilités pour l’amélioration de leur niveau de vie et la création d’activité pour des populations défavorisées. La forte hausse des cours mondiaux de la noix de cajou sur la période 1994-1999 soutenu une croissance rapide de cette culture dans toutes les régions du nord : sans aucune aide de l’Etat, la production est passée de 5 000 tonnes en 1993 à plus de 100 000 tonnes aujourd’hui.
Enjeu important pour l’économie de nombreuses familles paysannes du nord, la filière de la noix de cajou est néanmoins fragile à plusieurs points de vue. Le besoin de liquidité rend les petits paysans tributaires des commerçants indiens qui achètent la récolte à l’avance, à des prix bas. Ces producteurs n’ont pas accès à d’autres formes de crédit, les banques ayant quitté la région nord depuis le début de la crise politique ivoirienne en 2002.
Dans ce contexte, et face aux menaces de la concurrence internationale (augmentation de la production
et de la transformation en Inde et au Vietnam), la demande de noix brute risque de chuter engendrant
avec elle la dégringolade des prix. L’avenir de 25 000 producteurs ivoiriens du nord dépend donc de
leur capacité à trouver des débouchés stables et à décortiquer les noix brutes sur place.


le fruit de l'anacarde est la noix de cajou Une fois mûr, le fruit est récolté au sol La coque est séparée du fruit rouge puis est cassée pour en extraire la noix

 

histoire et organisation de la cooperative

Une initiative des groupements féminins

La coopérative COPABO (Coopérative de Planteurs d’Anacarde de Bondoukou) se situe au nord est
de la Côte d’Ivoire, dans le Zanzan, région enclavée et subissant d’importants mouvements de
populations liés au conflit. Ses activités concernent essentiellement la collecte et la commercialisation
des productions de la région : noix de cajou essentiellement, igname, café et cacao.
Les femmes en zones rurales sont totalement marginalisées : elles n’ont généralement accès ni à l’éducation, ni au crédit, ni aux postes de représentations dans les structures socio-politiques locales. Toutefois, de manière traditionnelle, les femmes sont actives dans la transformation agro-alimentaire des matières premières et s’organisent collectivement pour trouver des solutions à leurs problèmes quotidiens. C’est la raison pour laquelle de nombreuses femmes sont membres et s’investissent au sein de la COPABO.

Ainsi, trois groupements issus de trois sous sections de la COPABO se sont organisés pour faire du décorticage artisanal une activité économiquement viable. Le décorticage de la noix de cajou présente plusieurs atouts :
• la valorisation des ressources locales (main d’oeuvre, noix brutes),
• la création de valeur ajoutée (vente d’un produit prêt à consommer prisé sur le marché
international),
• la création d’activité économique par des femmes organisées (le décorticage exige une
main d’oeuvre importante),
• la maîtrise de la filière par les acteurs locaux


Le décorticage représente donc un fort potentiel : garantie des prix et des marchés grâce au débouché équitable, commercialisation d’un produit semi-transformé à haute valeur ajoutée moins sensible aux aléas du marché, valorisation du travail des femmes, capitalisation de la coopérative en équipements et capacités de commercialisation et exportation.
L’engagement des groupements de femmes,à travers la COPABO, au sein d’une filière d’exportation dans les réseaux du commerce équitable est un véritable enjeu de développement pour la zone.

impacts

- Effets économiques

La filière anacarde est aujourd’hui le principal axe de développement rural du nord de la Côte d’ivoire. Dans la région du Zanzan, longtemps soumise à une déforestation massive et sans potentiel exportateur, c’est la seule source de revenu pour les familles paysannes.

Sa culture et commercialisation endiguent l’exode rural, sans pour autant provoquer un abandon des cultures et petits élevages vivriers.

Sa transformation, proposée et gérée par les femmes des villages, crée de la valeur ajoutée pour la région et donne un nouveau pouvoir économique et social à ce groupe souvent en marge des structures sociales et centres de décision.

  ETHIQUABLE valorise cette production dans de multiples recettes
  • Une valeur ajoutée pour le producteur

Le prix payé par les importateurs du commerce équitable permet à la COPABO de payer davantage -de 40 à 70% plus élevé que celui des intermédiaires locaux- les noix de cajou destinées à la transformation. Ce prix permet de couvrir les coûts liés à la production, la récolte et l’entretien des parcelles mais aussi de dégager un surplus pour les besoins de première nécessité.

  • La création d’emplois locaux

Le projet de décorticage a été porté et mené par des femmes depuis le début. La situation de la femme rurale ivoirienne est souvent synonyme de pauvreté, cette initiative est aussi un message d’espoir des groupes les plus défavorisés.

Pour les femmes des villages, c’est la première fois qu’elles reçoivent un salaire. Plus de 300 emplois ont été créés grâce au projet de transformation des noix localement. Les hommes et les femmes qui travaillent sont tous issus du village. Ils sont membres de la coopérative au même titre que les producteurs d’anacardes. Ces travailleurs sont rémunérés entre 40 et 60% de plus que dans les autres usines conventionnelles de la région.

  • un préfinancement nécessaire désormais possible

Enjeu important pour l’économie de nombreuses familles paysannes du Nord, la filière de l’anacarde est néanmoins fragile à plusieurs points de vue. Le besoin de liquidité rend les petits paysans tributaires des commerçants indiens qui achètent la récolte à l’avance à des prix bas. Ces producteurs n’ont pas accès à d’autres formes de crédit, les banques étant parties de la région nord depuis le début de la crise politique ivoirienne en 2002.

En plus du prix garanti, la COPABO résout grâce au préfinancement des récoltes un problème majeur : le manque de liquidité des familles du nord. Les mois de décembre et janvier représentent une période de « soudure » de la trésorerie familiale, les récoltes d’anacarde et d’igname n’ont pas encore commencé et les familles doivent affronter des dépenses importantes.

Accéder au préfinancement à cette époque-ci est une question de survie pour les familles. Pour ce faire la coopérative accède à des fonds externes (importateurs commerce solidaire, coopération), ce que très peu d’organisations ivoiriennes parviennent à faire à cause d’une image ternie par la corruption.


- Effets sociaux

Dans le contexte ivoirien où la grande majorité des coopératives ont fait de la malversation une pratique courante et ont perdu toute légitimité, la COPABO fait figure d’exception. La transparence et la rigueur de son équipe de gestion ont fondé un système fiable et légitime qui lui a valu la reconnaissance de la filière du commerce solidaire (label FLO) et de la coopération internationale.


- Effets environnementaux

  • une production très bien adaptée à la région

Dans un pays où l’aide au développement diffuse peu vers le nord, pourtant très rural et très pauvre, l’anacardier représente un atout stratégique tant sur le plan économique qu’écologique. Le Zanzan a toujours été une zone de production familiale et vivrière, le coton par exemple ne s’adapte pas à la longue période de sécheresse. L’anacardier est sur le point de devenir le premier moteur économique du nord est ivoirien.

  • pour lutter contre la déforestation et l’avancée de la zone sèche saharienne

La couverture boisée de l’anacardier crée un effet de reboisement inédit pour ce territoire. Dans les unités de transformation les femmes apprennent à utiliser la coque de la noix  en tant que combustible. Avec un pouvoir calorifique équivalent à celui du fuel, la coque d’anacarde pourrait ralentir la déforestation résultante du besoin de bois de chauffe.

 

  • une production biologique naturelle

L’anacardier est un arbre très résistant et connaît peu de problèmes phytosanitaires sérieux dans la zone du Zanzan. Ainsi, les modes de production sont naturels. Afin de valoriser ce mode de culture traditionnel, l’organisation de producteurs est en cours de certification biologique.

sources bibliographiques

 

Mission Pôle Filières ETHIQUABLE-nov 2007
Consulter le carnet de campagne Agriculture paysanne et commerce équitable au coeur de la dynamique de développement - mai 2007
Découvrez la vidéo de la coopérative COPABO de Côte d'Ivoire, " La noix de cajou, moteur du Zanzan"


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