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LA COMISAJUL : PRODUCTEURS DE CAFE DU HONDURAS |
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Situation
Région de Marcala située à l'ouest du Honduras, dans le département de la Paz
Membres
Plus de 200 petits producteurs
Producteurs
Groupe Marcala de COMISAJUL : producteurs indiens de l’ethnie LENCA, très peu de terre : 0,7 à 3,5 en général, dont 0,7 à 1,5 ha de café, producteurs en situation de forte précarité
Variété
Arabica
Certification FLO de Comisajul
Obtenue en 2009 |
contexte |
La culture du café, une valorisation de l'espace montagneux
Resté longtemps un pays de monoculture fruitière dans les terres basses ouvertes sur la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique, le Honduras a trouvé dans les cultures d’altitude, comme le café, le moyen de mettre en valeur les régions montagneuses qui occupent les quatre cinquièmes de la superficie. Ces reliefs, culminant à 2700 m, sont couverts d’une épaisse végétation tropicale et sont soumis à un régime de pluies favorable à la culture d’un café d’altitude de qualité. |

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histoire et organisation de la cooperative |
LA CENTRAL, union de coopératives de petits producteurs
Le café de montagne du Honduras auquel fait appel ETHIQUABLE est produit par une organisation de base liée à une union de coopératives de petits producteurs, la CCCH (Central de cooperativas cafetaleras de Honduras), connue communément au Honduras sous le nom La Central.
L'organisation de base, la Comisajul, compte 200 producteurs dans la région de La Tigra et 200 producteurs à Marcala, au cœur du territoire des Indiens Lenca.
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La Central regroupe une dizaine de milliers de petits producteurs (d’un demi hectare à 3 ha) organisés en 73 coopératives à travers le pays. Elle s’est récemment modernisée en construisant trois usines de traitement dont la plus moderne du Honduras, et dispose d’une équipe de techniciens dans le domaine agronomique et des gestionnaires. Grâce à ses fonds et à ses possibilités d’intervention auprès des organismes internationaux, elle peut faire valoir les droits des petits producteurs auprès des autres acteurs de la filière. |

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Une mission tournée vers la qualité
La coopérative vise à promouvoir un café de qualité fondé sur la notion de terroir. Cette qualité est donnée par l’altitude, l’exposition au soleil et la fréquence de l’humidité et de la sécheresse. Le café arabica nécessite une altitude intermédiaire entre la chaleur trop intense des plaines et le froid nocturne au-delà de 1500 m qui risque de tuer cette plante fragile. On doit contrôler également l’ensoleillement en alternant la plantation de café avec des arbres d’ombrage pour permettre un lent mûrissement des cerises et ainsi le développement de tous leurs arômes.
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La coopérative Comisajul, qui épaule le travail des paysans, œuvre à la modernisation de la production en introduisant des pratiques favorisant l’amélioration de la qualité et en construisant des pépinières pour disposer de plants de premier choix. Ainsi, on taille les branches à hauteur d’homme pour aider le cueilleur à ne récolter que les cerises mûres.
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La coopérative relaie les campagnes de sensibilisation auprès des paysans.
Ici, on peut lire " Tous contre le parasite du café ". |
Voici une des techniques naturelles utilisées pour pièger le parasite dans la parcelle de café. |
La fabrication de compost avec les débris de la taille et du dépulpage constitue une autre innovation qui évite l’emploi d’engrais chimiques, fait économiser de l’argent au paysan, et donne un café biologique. |
Chaque année, la récolte mobilise toute la communauté, familles et travailleurs saisonniers. Entre novembre et janvier, on cueille les cerises rouges lors de plusieurs passages dans les plantations.
Le dépulpage, qui s’effectue directement sur chaque exploitation, est une opération délicate. Alors que la méthode sèche est employée pour les cafés de qualité courante, ici, où l’eau courante est abondante, on emploie la méthode humide. Les cerises sont mises dans une dépulpeuse à main qui brise la pulpe blanchâtre et fait apparaître les graines. L’ensemble est laissé à fermenter dans un bac pendant 24 heures, puis lavé à grande eau pour séparer les graines de la pulpe qui a alors pris une consistance de miel. Les graines sont ensuite étalées au soleil sur de larges claies ou une dalle de béton très propre, puis retournées régulièrement pendant deux à trois semaines jusqu’à leur séchage complet. Ces graines n’ont pas encore totalement libéré leurs fèves qui sont encore enserrées dans une enveloppe jaunâtre qu’on appelle le parche à cause de son aspect de parchemin. Et c’est sous cette forme de café parche que la récolte est envoyée à la coopérative qui dispose des machines nécessaires au décorticage en éliminant le parche pour obtenir le café vert.
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IMPACT DU COMMERCE EQUITABLE |
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- Effets économiques
Une qualité reconnue par le prix équitable
C’est grâce aux perspectives de meilleurs prix que propose le marché du commerce équitable que les coopératives ont pu mobiliser les paysans autour d’une démarche de qualité qui va de la parcelle jusqu’au sac de 60 kg de café vert. Ils ont ainsi obtenu la première « appellation d’origine » d’Amérique centrale pour le café Marcala, cela grâce aux coopératives caféières et au soutien des ONG de développement. Désormais, la Central est capable d’offrir directement à ses clients, nombreux en Europe et en Amérique du Nord, une gamme complète de cafés de terroir ainsi que du café biologique.
ETHIQUABLE a choisi de marier deux cafés cultivés entre 1250 et 1600 m d’altitude dans l’ouest du Honduras : celui de Capucas, d’un goût suave et aromatique, parfois presque chocolaté, avec le café du terroir de Marcala, plus doux et rond. La coopérative de Marcala, qui compte aussi environ 200 producteurs, a produit 400 tonnes de café en 2004 et, malgré la mauvaise conjoncture internationale, a pu acheter aux paysans leur café 50 % plus cher. Elle a également dégagé une somme destinée à la formation et à la mise en place d’une unité de transformation du café.
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La coopérative Comisajul a obtenu la certification FLO depuis 1999. Elle collecte en moyenne 275 tonnes de café commercialisées à plus de 90% sous label équitable ou biologique. On s'apperçoit sur le graphique que le prix du café à l'exportation de la Comisajul est en moyenne bien supérieur au prix du marché international, notamment dans la période de 2000 à 2004 au cours de laquelle les cours internationaux s'étaient effondrés. Grâce au prix garanti du commerce équitable, la coopérative a pu obtenir une rémunération jusqu'à plus de 2 fois supérieure aux prix internationaux du café. |
Une diversification d'activités, source de revenus complémentaires

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| La production fruitière et dans ce cas la production d'ananas permet de valoriser la surface cultivée pour le café et d'obtenir une source de revenus complémentaires sécurisant ainsi la situation économique de la famille. |
Cette boutique a été ouverte par la coopérative Comisajul. Elle est située au village de San Juancito. Plus qu'un projet économique, cette initiative contribue directement à la redynamisation des zones rurales reculées. |
- Effets sociaux
Des coopératives, une même voix
Au-delà des aspects strictement opérationnels, LA CENTRAL dispose d’une forte capacité de négociation avec les autres acteurs de la filière, donnant ainsi une voix aux petits producteurs. Des résultats importants ont été obtenus en terme de politiques agricoles en faveur de la caféiculture paysanne, notamment la mise en œuvre en 2004 d’un fonds national de refinancement de la dette du secteur du café en crise depuis plusieurs années.
Malgré l’histoire difficile des coopératives caféières, une nouvelle génération de coopératives se structure dans les années 90 en s’appuyant sur les réseaux du commerce équitable.
C’est le cas de la COMISAJUL et des autres coopératives membres de La Central. Grâce à un prix rémunérateur et à une action collective, elles regagnent la confiance des agriculteurs, reconstruisent des mécanismes de représentation démocratique, de transparence dans la gestion et de participation des producteurs de base. |
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- Effets environnementaux
Dans la région de Marcala, comme dans toutes les grandes zones caféières du Honduras, les services techniques ont promu durant des décennies la culture intensive du café, favorisant l’usage des engrais chimiques et même la culture en plein soleil, sans arbres de couverture. A Marcala cette évolution commence à laisser apparaître des effets négatifs : érosion des sols surtout dans les zones basses aux sols sableux, baisse de la fertilité, vieillissement et même abandon des plantations de café.
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| La politique de la coopérative COMISAJUL favorisant la production biologique et la culture sous ombrage, prend donc tout son sens. Aujourd’hui la plupart des producteurs ont construit des barrières anti-érosives (murets de pierres ou haies vives implantées suivant les courbes de niveau) et développent des jardins diversifiés, avec des arbres d’ombrage et l’association avec d’autres espèces comme les orangers, les avocatiers, le fruit de la passion,… La fertilité des sols est maintenue par l’utilisation de composts fabriqués par le producteur lui-même ou vendu par les coopératives à des prix préférentiels. |
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- Sources bibliographiques
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