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GCPNL : PRODUCTEURS DE RIZ du laos |
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Situation
3 régions : Kasi, Xieng Khouang et Ventiane
Membres
450 producteurs
Producteurs
Petits producteurs qui cultivent de 1 à 2 ha de riz en système innondé
Produit
riz spéciaux
Récolte
entre octobre et novembre
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CONTEXTE |
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Le riz est pour l’Asie ce que sont le blé et l’orge pour l’Occident : l’aliment de base de 3 milliards de personnes, une source de revenus pour environ
2 milliards de producteurs, et une des plus anciennes plantes vivrières cultivées dont les traces remontent à plus de 9 000 ans.
Le Laos, classé comme un des pays les moins avancé au Monde par les Nations Unies, se distingue des autres pays d’Asie par son enclavement: il ne possède pas d’accès à la mer, et par sa faible densité démographique : 24 habitants/km2. Sa population est jeune et rurale. Dans ce pays peu industrialisé, récemment ouvert à l’économie de marché et disposant encore de ressources naturelles abondantes, l’agriculture est un secteur stratégique en tant qu’activité économique, ainsi que pour l’équilibre social et la sécurité alimentaire du pays.
Grâce à une biodiversité exceptionnelle et encore quasi intacte, le Laos occupe une place importante dans l’histoire du riz puisque, après l’Inde, c’est le deuxième pays au monde en termes de nombre de variétés de riz répertoriées…pour un territoire quatorze fois plus petit ! |
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HISTOIRE ET ORGANISATION DE LA COOPERATIVE |
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La population croissante pousse à l’augmentation des rendements : une famille moyenne au Laos, composée de 2 adultes et 4 enfants, mange 2 tonnes de riz à l’année, agrémenté de légumes et, plus rarement, de poisson ou de viande. Pour éviter la dégradation des forêts et des sols, les paysans devaient s’orienter vers une pratique de culture de bas-fonds irriguée. C’est le point de départ d’un projet de développement régional initié par l’Association de soutien au développement des sociétés paysannes (ASDSP). Le projet de développement intégré démarre en 1994 grâce à des financements d’ONG françaises. Construction de micro-barrages pour permettre l’agriculture de bas-fonds, développement d’un réseau de micro finance pour stimuler l’activité économique et de nombreux programmes de formation pour accompagner les producteurs sont les principales réalisations du projet régional de Kasi.
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Puis, l’ASDSP crée la Lao farmers products (LFP), une coopérative de transformation et de commercialisation des produits sur le marché local et sur celui de Vientiane, la capitale. Année après année, LFP étend son action à plusieurs régions du nord, puis du sud du Laos.
Les producteurs se réunissent ensuite au sein du Groupement des communautés paysannes du nord du Laos (GCPNL), qui compte à ce jour 446 producteurs répartis dans 17 villages composés de 4 ethnies différentes. |
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SYSTEME ET MODE DE PRODUCTION |
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Dans les montagnes du nord du Laos, la culture du riz pluvial par la méthode de défriche-brûlis a été pratiquée depuis toujours par les agriculteurs forestiers itinérants. Elle consistait à défricher la forêt pour planter du riz sur les sols enrichis par les cendres, puis, après quelques années, à abandonner le terrain épuisé pour recommencer plus loin. La région de Kasi était en effet peu peuplée jusqu’à ce que l’armée américaine force les habitants des régions les plus au nord du Laos, frontalières du Vietnam, à s’installer ici pendant la guerre du Vietnam. Aujourd’hui, la pression démographique ne permet que rarement de laisser se régénérer les terres ainsi défrichées.
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Au Laos, l’agriculture paysanne a permis de maintenir un véritable patrimoine génétique ; on y trouve des variétés uniques et endogènes comme des riz naturellement parfumés, des riz colorés ou des riz spéciaux comme le « petit poussin » jaune et arrondi qu’on prépare essentiellement au moment des mariages et d’autres fêtes.
Le système de sélection des semences est un savoir faire paysan. Lors de la récolte chaque famille choisit les meilleurs épis pour en garder les graines et les conserver pour la campagne suivante.
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"Le riz, une céréale aux multiples facettes" |
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impact du commerce equitable |
- Une valeur ajoutée pour le producteur
Plus d'un 1/3 du prix payé par le consommateur pour le riz Petit Poussin revient aux producteurs du Laos.
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- Une transformation locale, source d'emplois locaux
La coopérative Lao Farmer Products possède 6 ateliers dans 5 provinces du pays pour transformer les produits en provenance de la forêt et de l'agriculture biologique de paysans membres producteurs. En 2000, pour assurer la capacité d'extension de son activité, LFP se scinde en deux en constituant une nouvelle société agro alimentaire, au Sud du Laos sous le sigle de BAPRO. En 2007, le réseau emploie 120 salariés à plein temps et 130 personnes à temps partiel suivant les saisons des récoltes ou de cueillettes des fruits.
Autour de 3000 familles paysannes fournissent au moins une partie de produits de leur cueillette et de leur parcelle (riz, thé, gingembre, fruit de la passion, ananas...) |
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- Un système de crédit garanti par les ventes ETHIQUABLE
Face à la concurrence des groupes agro-industriels, les organisations paysannes
ont besoin de se consolider en fournissant à leurs membres des
services qu’ils ne peuvent pas trouver seuls (préfinancement, formation)
et en investissant pour améliorer la valorisation des produits (transformation,
conditionnement, etc. ).
Pour ce faire, les acteurs partenaires ont mis en place un mécanisme financier
: le Fonds Coopératif et la SIDI ouvrent une ligne de crédit dédiée
d’une hauteur de 100 000€. Chaque projet émanant des communautés
paysannes est instruit par LFP ou BAPRO. Ces derniers, après validation
du projet, empruntent au Fonds Coopératif le financement nécessaire et
demandent à ETHIQUABLE la garantie de remboursement du crédit par
les recettes des ventes des produits équitables. |
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- La structuration des organisations paysannes
L’impact le plus notable
du commerce équitable
est sans doute l’émergence
d’une société civile
organisée dans les zones
rurales, dans ce pays en
mutation et encore peu
ouvert sur l’extérieur. La société rurale laotienne s’organise en villages. Dans le village, le lieu de référence est la
pagode, théoriquement réservée au culte bouddhique, mais en réalité devenue le centre
névralgique de la collectivité. Chaque village nomme un chef qui sera reconnu par l’Etat. Ce
chef est responsable de la gestion du territoire, de l’information, des contentieux et représente
le village face aux instances externes. Outre le chef, le village confie à des autorités morales
ou sages l’orientation des décisions essentielles.
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| Ce fonctionnement reflète une organisation
sociale ancestrale où coexistent pragmatisme, spiritualité et communion avec la nature. Le développement durable et le commerce équitable confortent cette identité culturelle et sociale.
Dans ce contexte où les terres agricoles permettent de faire vivre la majeure partie de la population laotienne mais appartiennent toujours à l’Etat, il est de plus en plus fréquent de voir des populations entières évincées des terres de leurs ancêtres au profit de grands projets agro-industriels privés. Le commerce équitable en favorisant les groupements de producteurs
participe à l’émergence d’une société civile paysanne à contre-courant de cette dynamique de concession de terres par l’Etat à des sociétés privées. |
- la culture des riz spéciaux : la préservation du patrimoine génétique
L’abandon de l’agriculture d’abatis brûlis au profit de la culture du riz sur des plaines irriguées a permis de diversifier les cultures. Dans les zones hautes, les terres déboisées et brûlées sont maintenant plantées avec des cultures pérennes de type arbustif telles que le thé, le fruit de la passion, l’ananas, la mangue ou le pamplemousse. Cette planification du territoire parvient à stopper la déforestation tout en assurant suffisamment de terres pour tous et d’aliments pour la population.
La culture du riz est une culture traditionnelle qui n’utilise pas d’intrant. Malgré les actions de prospection des entreprises d’engrais, les producteurs restent fidèles à un mode de production respectueux de l’environnement et préservant le patrimoine génétique des variétés locales de riz. L'organisation est en voie d'obtenir la certification d'agriculture biologique.
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