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COAGROSOL : PRODUCTEURS D’ORANGES ET DE MANGUES DU BRESIL

Situation
Municipio de Itapolis et Borborena, Etat de Sao Paulo, Brésil
Membres
50 producteurs au total – dont 15 producteurs certifiés bio
Producteurs
Producteurs de taille petite et moyenne de 10 à 40 hectares. Parfois 1 à 3 travailleurs permanents et utilisation de travailleurs occasionnels pour la récolte.
Production
Producteurs de fruits diversifiés : orange, mangue, citron vert, goyave, parfois de légumes.

Au sommaire
Contexte
Histoire et organisation de la coopérative
Système et mode de production
Impacts

Cooperativa dos Agricultores Solidarios de Itápolis – COAGROSOL

Une initiative concertée entre producteurs et cueilleurs journaliers pour faire face à la crise
Le Brésil est le premier exportateur mondial de jus d'orange. Celui-ci provient, principalement de l'état de São Paulo où les conditions naturelles sont bien adaptées à la culture de l'oranger. La majorité des industries de transformation sont situés dans cette région. Le jus d’orange correspond à un marché colossal, contrôlé par une poignée de grands groupes. Ces derniers produisent eux-mêmes 70% de leurs besoins (maximum autorisé par la loi) et achètent le reste à des producteurs indépendants. Parmi eux, les petits et moyens producteurs qui cultivent entre 10 et 40 hectares de vergers sont les plus sensibles à la volatilité des prix que génère les stratégies des grands groupes agro-industriels.

En 1999 et 2000 le marché du jus d’orange connaît une crise sans précédent. Le prix aux producteurs des oranges de l’ordre de 3 à 4 USD par caisse, s’effondre brutalement autour de 1 USD, largement en dessous du coût de production. De nombreux petits producteurs font faillite et se voient obligés de vendre leurs terres. La différenciation sociale entre producteurs, déjà très marquée dans la région, s’accentue. Les producteurs qui ont pu se maintenir se sont endettés et ont accru leur dépendance vis-à-vis des grands groupes sous forme de contrats très contraignants.
Les ouvriers agricoles, indispensables en grand nombre pendant la cueillette des oranges, étaient autrefois fortement exploités par les propriétaires. Leurs conditions de travail inhumaines et surtout le travail des enfants qui venaient aider leurs parents, ont été à maintes fois dénoncés au cours des années 80 et 90. Les droits, les rémunérations et les conditions de travail ont été notablement améliorés au cours de la dernière décennie, suite à l’action du syndicat des travailleurs agricoles de l’Etat de Sao Paulo. Cependant, à la fin des années 90 la crise du secteur touche également de front les 4.500 travailleurs du secteur.

C’est dans ces conditions que se créé COAGROSOL. L’objectif de la coopérative est de mettre en place des circuits de commercialisation alternatifs permettant d’obtenir des prix plus stables, mais aussi de favoriser des modes de production durables. Il devenait, en effet indispensable de trouver une alternative à la quasi monoculture de l’orange et à un mode de production extrêmement dépendant d’intrants chimiques coûteux. La diversification et la certification bio se sont imposés comme deux lignes d’actions principales.

Une alliance entre producteurs et travailleurs agricoles
Les producteurs liés à COAGROSOL n’utilisent en général qu’une main d’œuvre familiale, même si certaines exploitations mobilisent 1 à 3 travailleurs permanents. Au cours de la cueillette, les producteurs font appel à un groupe de 4 à 8 travailleurs journaliers. Environ 300 travailleurs, membres du syndicatdes travailleurs ruraux (Sindicato dos empregados rurais de Borborema) sont ainsi impliqués temporairement dans les exploitations des 50 producteurs liés à COAGROSOL.

COAGROSOL obtient son inscription au registre du commerce équitable (FLO) grâce à une association avec le syndicat des travailleurs ruraux. Les producteurs obtiennent un prix plus juste et stable pour leurs produits et s’engagent à recruter les travailleurs selon le salaire négocié par le syndicat à l’échelle de l’Etat et de déclarer officiellement leurs journaliers en payant les charges sociales. Le syndicat des travailleurs ruraux veille au respect de ces règles. Il estime aujourd’hui que 100% des travailleurs saisonniers de COAGROSOL sont déclarés et bénéficient du système de sécurité sociale, alors que ce pourcentage est d’environ 70% dans les autres cas (il n’était que de 20% en 1992).
La prime de développement du commerce équitable est partagée entre les deux acteurs.
L’action des producteurs
L’accès au marché de COAGROSOL est encore limité. Il ne permet à l’heure actuelle que d’absorber 50% de la production d’orange et 70% de celle de mangue de ses membres. L’excédent est vendu par chaque producteur aux conditions du marché conventionnel. Grâce à un préfinancement des différents importateurs du commerce équitable, COAGROSOL collecte les fruits des agriculteurs et achète le service de façonnage auprès d’une industrie qui transforme les oranges en concentré et les mangues en purée de fruit. La coopérative exporte la totalité de cette production.

Grâce au commerce équitable les producteurs ont accès à des prix plus stables et rémunérateurs (3,2 USD par caisse d’orange). Cela leur permet de s’engager dans un processus de diversification de la production et de production durable. Même lorsqu’ils ne sont pas bio, les producteurs s’engagent à ne pas utiliser de désherbants et de produits polluants. Ils entrent de cette façon dans un processus de production moins dépendant. Avec la part de la prime de développement octroyée aux producteurs, COAGROSOL a déjà réalisé certains investissements productifs, tels que l’installation d’une unité de conditionnement de fruits frais pour le marché local.
L’action du syndicat de travailleurs
Les cueilleurs bénéficient du commerce équitable de deux manières :
  • la sécurisation de la petite agriculture familiale et sa moindre dépendance des grands groupes génèrent de meilleures conditions de travail,
  • la prime de développement du commerce équitable, cogérée par le syndicat des cueilleurs et les producteurs, permet des investissements sociaux qui bénéficient à l’ensemble des familles d’ouvriers agricoles de la région (4500 travailleurs au total pour els deux municipalités de Borborena et Itapolis).
    Les actions financées par la prime concernent actuellement: l’alphabétisation d’adultes, la formation à l’informatique, l’aide aux cantines scolaires et la formation professionnelle d’adolescents.

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