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EL GUABO : PRODUCTEURS DE BANANE D’EQUATEUR |
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Situation
Province El Oro, ville de Machala, Equateur
Membres
325 producteurs au total, dont 216 certifiés bio
Producteurs
Producteurs de 3 à 20 ha de monoculture de banane en plaine de Machala et producteurs de 10 ha extensifs avec 0,5 à 1 ha de banane sur le piémont des Andes.
Production
Producteurs de bananes pour l’exportation de fruits frais et pour la fabrication de purée (nectar de banane). |
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Asociación de Pequeños Productores Bananeros
« El Guabo » - APPBG
La recherche d’une alternative à un marché volatile
L’Equateur est le premier exportateur mondial de banane. La production est dominée par des grandes plantations appartenant souvent à des groupes puissants et l’exportation est contrôlée par un groupe restreint de grandes entreprises. Le marché est très volatile. A certaines périodes le prix est très rémunérateur. Mais de façon aléatoire, les cours s’effondrent, souvent bien en dessous des coûts de production des planteurs.
Une telle situation est particulièrement préjudiciable pour les petits producteurs. A chaque crise du marché, la frange des producteurs les plus fragiles se voit obligé d’abandonner la production et de vendre ses terres. La concentration des moyens de production va en s’accélérant.
L’association de petits producteurs El Guabo s’est créée en 1996 pour trouver une alternative à ces problèmes de marché. Quelques petits producteurs courageux mettent en commun leurs récoltent et exportent en Europe en réussissant une alliance avec une entreprise de la place. Ils expédient ainsi 1000 caisses par semaine. Grâce à la mise en œuvre du label équitable pour la banane, les volumes augmentent et le nombre de producteurs concernés également. Ils sont aujourd’hui 350 producteurs et exportent 35.000 caisses par semaine.
L’alliance de trois types d’acteurs
A l’origine, les producteurs de El Guabo sont des petits planteurs situés au cœur du bassin bananier de Machala, là où la monoculture de banane s’étend à perte de vue. Ce sont des petits producteurs qui cultivent 5 hectares en moyenne et recrutent des travailleurs temporaires pour la récolte et la préparation des bananes. |
Suite à une forte demande du marché certifié bio, El Guabo a intégré deux nouveaux types de producteurs. En premier lieu, des plantations de plus grandes surfaces (20 à 60 ha) dans la zone de monoculture qui ont la capacité de mettre en œuvre les cahiers des charges de la production biologique. En effet, l’obligation de conserver une zone tampon de 50 mètres entre la parcelle bio et les autres plantations n’est accessible qu’aux plantations d’une certaine taille. Pour répondre aux exigences du cahier des charges de la certification du commerce équitable, El Guabo a créé une structure paritaire entre ces producteurs de taille moyenne et les travailleurs de ces plantations. Ils cogèrent l’utilisation de la prime de développement du commerce équitable.
Le deuxième type de producteurs a été intégré. Il s’agit des paysans diversifiés (cacao, élevage, culture alimentaire, ..) du piémont des Andes qui cultivent des bananiers associés à d’autres cultures de façon extensive. La formation des planteurs et l’amélioration des pratiques culturales ont permis à ces planteurs d’obtenir des qualités exportables. L’altitude et la biodiversité préservée de cette zone ont été des conditions favorables à la culture bio de la banane. |
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Un cahier des charges exemplaire
El Guabo impose à ses membres le respect de règles strictes qui ont pour objectifs une production plus respectueuse de l’environnement et de meilleures conditions sociales pour les travailleurs. Les planteurs s’engagent à ne pas utiliser de désherbants, ni d’insecticides. Seuls certains fongicides sont autorisés. Le retraitement des déchets plastiques est obligatoire et un registre minutieux d’utilisation des intrants est demandé à chaque planteur.
Le salaire minimum des travailleurs occasionnels est déterminé par le cahier des charges et des contrôles sont effectués pour vérifier qu’ils sont bien inscrits au registre de la sécurité sociale. Tout manquement aux règles est sanctionné par l’élimination des primes au producteur ou la suspension de son droit à commercialiser à travers l’association. |
Effets du commerce équitable
Les circuits du commerce équitable garantissent un prix de 7 USD / caisse de banane et de 9 USD / caisse pour la banane bio, alors que les exportations conventionnelles sont inférieures à 5 USD. Le producteur touche un prix rémunérateur et stable de 4 USD / caisse (6 USD pour la banane bio), alors que sur le marché ce prix fluctue entre 1 USD et 5 USD, avec une moyenne à peine supérieure au coût de production de l’ordre de 2,8 USD / caisse. Plus qu’un prix élevé, c’est un prix stable qui permet la viabilité des plantations des petits producteurs.
La prime de développement est gérée par une structure – PROMESA – créée par l’association. Celle-ci est chargée d’assurer un programme d’appui technique aux producteurs, de favoriser des actions en faveur d’une agriculture durable et de renforcer les capacités de l’organisation. Elle est composée d’une équipe de techniciens et d’animateurs de 6 personnes. Des programmes sociaux sont également financés, bénéficiant à l’ensemble de la communauté (protection de l’enfance, santé préventive). |
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