Rencontre avec Suzanne Moreau, la plus ancienne commerciale chez ETHIQUABLE. Depuis 2003, elle a comme mission de visiter les magasins de Gascogne pour leur proposer le référencement de nos produits. De retour de mission en Equateur, elle nous confie ses impressions.
Pourquoi cette mission découverte en Equateur?
Tous les jours, en rencontrant les chefs de rayons, je représente les valeurs de la SCOP et du commerce équitable. Les fondateurs d’ETHIQUABLE ont souhaité offrir la possibilité aux commerciaux de toucher la réalité d’un autre terrain, cette fois-ci celui des producteurs. C’était pour moi la première fois que je partais en Amérique Latine. Nous étions un petit groupe de quatre commerciaux. L’objectif de la mission était d’approfondir nos connaissances des filières équatoriennes, rencontrer nos partenaires et comprendre le fonctionnement des coopératives.
Quel a été le programme et les coopératives rencontrées ?
Nous restions en moyenne deux jours dans chaque coopérative. Le programme était identique d’une visite à l’autre : réunion avec les responsables de la coopérative, visite de l’atelier de transformation puis rencontre sur le terrain/parcelles des producteurs.
Nous avons commencé cette mission par la visite de la coopérative Jambi Kiwa à Riobamba. C’est un groupe de femmes productrices de plantes médicinales. Nous travaillons avec elles sur un projet de tisanes. Ensuite, nous sommes partis chez COPROBICH dans la province de Chimborazo. Nous avons poursuivi notre route vers le sud chez FAPECAFES (plantations de CAFE) et APECAP (plantations de bananes).
Tu as rencontré Lorenzo Cepeda, le Président de la coopérative COPROBICH, qui a participé à la Quinzaine du commerce équitable en 2006, quelle a été ton impression de le revoir en Equateur ?
Lorenzo a été ravi de nous accueillir dans son pays. Il était fier de pouvoir à son tour nous montrer sa vie à lui. Il a pu nous présenter aux autres membres de sa coopérative, aux dirigeants de la radio communautaire ERPE et de Sumak Life, entreprise de conditionnement et de transformation du quinoa. Ils nous ont expliqué le montage de la collaboration entre les trois entités, nous ont confié leurs problèmes et leurs projets d’avenir. Leur souhait est de pouvoir augmenter la valeur ajoutée de leur travail, en développant des produits finis à base de quinoa.
Nous avons ensuite visité l’usine d’ensachage du quinoa. J’ai été surprise par tout le travail de sélection des graines de quinoa. Au moment de la visite des parcelles, la pluie s’est mise à tomber, nous sommes donc allés au sein des familles. Nous avons rencontré la famille la plus ancienne de la coopérative COPROBICH.C’était difficile à comprendre comme elles parlaient en quichua mais riche.
Qu’est ce qui t’a le plus marqué pendant ces deux jours avec la COPROBICH ?
Je pense à notre rencontre avec le deuxième regroupement de membres. C’était un groupe composé majoritairement de femmes. Elles nous ont montré tout le processus de transformation du quinoa. J’ai trouvé super qu’elles partagent avec nous tout ce travail manuel. Toutes ces étapes pour obtenir le meilleur du produit. Elles étaient très fières de nous montrer leur savoir faire si particulier. Leurs enfants étaient à leurs côtés pour apprendre cette technique. Comme elles nous ont dit : « sans transmission du savoir aux enfants, c’est notre culture qui se perd. » Je connaissais mal le quinoa : j’ai découvert par exemple des recettes de quinoa chaud, froid, en café, en farine…
Quel est l’apport de cette mission dans ton travail au quotidien ?
J’en retire une motivation supplémentaire. Quand je vais dans un magasin et que je propose du quinoa, je sais pourquoi je le fais, pour qui, et tout l’impact de sa mise en rayon pour ces familles. Je ne peux plus aller en magasin sans vendre leur quinoa. J’ai été séduite par la motivation, l’engouement des familles pour le commerce équitable. Une vraie leçon de courage.
Découvrir une autre culture, aller à la rencontre des personnes a été pour moi un moment fort, une autre façon de voyager. L’Equateur est un pays agréable. On le traverse essentiellement en bus. Les déplacements prennent beaucoup de temps et d’argent. Il faut compter 1$ par heure de transport. C’est énorme pour une famille.
Cette mission a aussi été l’occasion d’une meilleure cohésion avec les membres de l’équipe. Au-delà de nous quatre, c’est un échange avec tous les membres d’ETHIQUABLE. Cette mission nous permet une réflexion de fond qui alimente les valeurs de la SCOP.

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